18/09/2014

Médias

Interview dans le Figaro : « Si Hollande ne veut pas écouter le Sénat, ce sera un casus belli »

 LE FIGARO.- La droite va-t-elle reconquérir le Sénat le 28 septembre ?

Gérard LARCHER.- La droite et le centre ont remporté une nette victoire aux municipales de mars puisque nos concitoyens ont choisi des élus ne soutenant pas la politique du gouvernement. Les sénateurs étant les élus des élus, l'alternance est donc fort possible. Mais ce qui me frappe, dans les rencontres que je fais sur le terrain, c'est le sentiment d'une France abandonnée, qui n'est pas seulement la France rurale mais aussi une France périurbaine qui a l'impression que l'on ne s'intéresse qu'à quelques grandes métropoles ou à quelques régions puissantes et jamais à elle. On y déplore aussi bien sûr la réforme territoriale, la baisse brutale des dotations aux collectivités locales, la réforme imposée à marche forcée des rythmes scolaires. Un conseiller général du Tarn, enseignant, m'a dit récemment : « La rage est en train de monter. Si ce n'est pas de la rage, c'est en tout cas du désespoir. » « Est-on destiné à être un vaste no man's land entre des régions et des métropoles puissantes ? » , s'est interrogé un autre élu.

Comment répondre à ce désespoir ?

Le 28 septembre, il va falloir que cette nouvelle majorité, si elle l'emporte au Sénat, se fasse la voix de ces territoires, porte leurs préoccupations. Quand je dis que je suis 100 % Sénat, cela veut dire que pour moi, la responsabilité du Sénat va être majeure pour les temps qui viennent, dans une opposition constructive. Il va falloir que le président de la République et le premier ministre entendent nos propositions dans le domaine économique et social et en matière de réforme territoriale. Dans ce cas précis, si François Hollande ne veut pas écouter le Sénat, ce sera un casus belli car le Sénat ne doit pas être contourné sur la réforme territoriale. Il faut que le président, qui a changé plusieurs fois d'avis sur le département, sur la clause de compétence générale, sur le calendrier électoral, accepte que le Sénat contribue à éclairer la route.

Quel est l'état d'esprit des sénateurs de l'opposition ?

Ils ont le sentiment que le Sénat a disparu des écrans radars depuis deux ans et demi. Après avoir été la « maison des Hollandais » , il est devenu la « maison du silence » . Ils pensent que le gouvernement a méprisé le Sénat qui n'a joué qu'un rôle politique extrêmement faible au sein de la majorité. Il faut demain une majorité solide, cohérente et unie au Sénat qui nous permettra d'avoir une légitimité territoriale réaffirmée. C'est pourquoi ma priorité c'est d'abord de gagner le 28 septembre. Je suis d'un optimisme réel, mais raisonnable et mesuré. Je suis conforté par mes visites sur le terrain.

Qu'avez-vous pensé du discours de politique générale de Manuel Valls ?

Pour amadouer cinquante frondeurs, le premier ministre a refermé sur les doigts des entreprises la porte qu'il avait pourtant ouverte à Jouy-en-Josas à l'université d'été du Medef. Je pense que c'est une faute politique car notre pays est en panne, avec 0 % de croissance. Le redressement du pays, c'est un pacte de confiance avec les entreprises. Et on ne peut pas, à moins d'un mois d'écart, tenir un langage offensif devant les chefs d'entreprise et un autre devant les députés. Je souhaite que le Sénat se penche aussi sur les entreprises car le territoire est le berceau de la croissance. C'est pourquoi je propose la création d'une délégation aux entreprises pour renforcer notre vision sur l'économie. Le Sénat doit être aussi le lieu où l'on prépare le projet de l'alternance pour 2017, au travers de propositions de loi concrètes qui serviraient de base à ce projet.

Que pensez-vous des propositions du président du Medef, Pierre Gattaz ?

La réforme du temps de travail est impérative. Il faut proposer aux Français la retraite à 65 ans au lieu de 62 ans et faire sauter un certain nombre de blocages dans le Code du travail qui protège les protégés et expose les plus fragiles. Voilà des domaines dans lesquels le Sénat doit agir, dans une opposition constructive.

Le premier ministre a proposé de supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu. Qu'en pensez-vous ?

Je regrette que Manuel Valls n'ait pas fait cette annonce directement devant le Parlement et je me méfie des annonces et cadeaux dont on ne connaît pas le financement ! Pour les retraités modestes, cela va être 8 euros, soit 1 %, ce n'est pas une avancée majeure. En ce qui concerne l'IR, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de déconnecter de plus en plus les 30 millions de foyers fiscaux français de la réalité de l'impôt. D'autant que seuls 18 millions d'entre eux paient l'IR et que ce sont 500 000 qui en paient 43 %.

Que pensez-vous du retour annoncé de Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy est un candidat légitime à la présidence de l'UMP. S'il est élu, je l'aiderai à reconstruire l'UMP, et pas seulement du bout des lèvres. Je n'ai pas les yeux rivés sur la primaire de 2016 mais je veux un projet qui cicatrise et apaise, qui rassemble et qui ouvre pour regagner la confiance des Français.

N'est-ce pas contradictoire avec votre soutien à François Fillon ?

Je ne suis pas un homme de fidélités successives.

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