03/11/2015

Discours

Discours du Président du Sénat, M. Gérard Larcher, à l’occasion de l’inauguration de l’exposition « Lumières d’Afriques »

Discours du Président du Sénat, M. Gérard Larcher,

à l’occasion de l’inauguration

de l’exposition « Lumières d’Afriques »

Palais de Chaillot, le 3 novembre 2015

 

Monsieur le Ministre, cher Jean-Louis Borloo,

Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Monsieur le Président du Parlement Pan-africain, Honorable N’Kodo Dang [de nationalité camerounaise],

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Monsieur le Directeur du Théâtre national de Chaillot, cher Didier Deschamps, vous qui nous accueillez ce soir,

Mesdames et Messieurs les membres du Comité d’organisation de l’exposition,

Chers amis venus d’Afrique,

 

« Dans ces murs voués aux merveilles

J’accueille et garde les ouvrages

De la main prodigieuse de l’artiste

Égale et rivale de sa pensée

L’une n’est rien sans l’autre ».

 

Cette phrase inscrite au fronton du Palais de Chaillot pourrait être le manifeste de l’exposition « Lumières d’Afriques ». Quel meilleur endroit que ces murs aurait pu accueillir votre exposition ? Car c’est ici que l’on a célébré le 150ème anniversaire de la Révolution française – on l’oublie souvent –, quarante-cinq jours seulement avant le début de la seconde guerre mondiale, dans laquelle tant d’Africains ont donné leur vie pour notre Liberté. C’est ici même que fut adoptée la Déclaration universelle des droits de l’Homme – et dans le travail de tous les artistes réunis pour cette exposition, les « messages » de la Déclaration universelle, l’engagement contre la domination du plus fort, contre l’esclavagisme et les nouvelles formes de barbarie, pour une indépendance revendiquée, sont plus que jamais prégnants. L’espoir, c’est la lumière au bout du chemin.

La lumière, ou plus exactement, les lumières, pour reprendre le titre de votre exposition, car les œuvres réunies témoignent d’un génie aussi divers que les 54 nationalités des artistes qui exposent ce soir. Ils ont répondu à un double défi artistique : Créer une œuvre originale à partir d’une source d’inspiration commune et contribuer à une œuvre collective, qui dépasse leur diversité. Ils témoignent de la place, parfois méconnue du grand public, des artistes africains dans l’art contemporain et de la vitalité de la création en provenance de ce continent.

La lumière, c’est d’abord, au sens littéral, l’électricité. C’est ainsi qu’on s’exprimait dans la France rurale au moment de la mise en place de l’électrification. Paris, ville lumières, avait-on coutume de dire au moment de l’Exposition universelle de 1900. Pourquoi les Africains auraient-ils moins accès que les autres à l’électricité ? Je me suis souvent posé cette question.

À partir de ce constat, Jean-Louis Borloo, avec le courage et l’enthousiasme sans limite qu’on lui connaît, a bâti sa Fondation « Énergies pour l’Afrique », dans le but d’aboutir, d’ici 10 ans, à ce que 80 % du continent africain puissent bénéficier de l’électricité. Je veux lui rendre hommage.

L’enthousiasme de Jean-Louis Borloo est communicatif ! Car ce projet n’est pas que le projet de Jean-Louis Borloo. Il s’agit d’abord d’un projet africain, comme en témoigne votre présence ce soir, vous qui représentez tous les pays du continent africain, auquel je tiens à adjoindre Madagascar.

L’électricité ne constitue pas un but en soi. L’électricité, c’est la promesse du développement. C’est une facilité pour faire progresser l’éducation. Comment étudier la nuit tombée ? Comment avoir accès à internet sans électricité ? L’électricité est source d’émancipation. Elle induit des bouleversements dans la vie quotidienne des femmes et des hommes. L’électrification s’inscrit dans un tout indissociable sur le chemin du développement et de la croissance. Elle est l’accompagnement indispensable du dynamisme et des mutations rapides qui sont en cours en Afrique.

Car l’Afrique est aujourd’hui résolument engagée dans une phase de croissance. Cette croissance, certes inégale, encore trop fragile, mérite d’être confortée. Mais elle est porteuse d’espérance, non seulement pour l’Afrique et les Africains, mais aussi pour le reste du monde.

Alors que la tenue de la Conférence des Parties / COP 21 est imminente, il est plus que jamais nécessaire que des engagements contraignants soient pris en faveur des énergies propres pour produire de l’électricité. Il est plus que jamais nécessaire que des financements - des financements verts - soient mobilisés par la communauté internationale. Non, la protection de l’environnement n’est pas contradictoire avec le développement économique ! Le Sénat aura l’occasion de le rappeler dans une déclaration adressée à tous les gouvernements : il accueillera le 6 décembre prochain le volet parlementaire de la Conférence des parties / COP 21, organisée sous l’égide de l’Union parlementaire internationale. Il réunira des parlementaires de tous vos pays et du monde entier.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Dans les enjeux de développement, les artistes ont un rôle singulier. Ils sont eux-mêmes parties prenantes du développement, comme ils le montrent dans l’exposition que nous allons inaugurer. Je tiens en particulier à célébrer, avec vous, le 10ème anniversaire de la Convention de l’Unesco sur la diversité des expressions culturelles de 2005, qui a tant fait pour que le lien entre développement et culture puisse être reconnu au niveau mondial. L’École du Patrimoine africain de Porto Novo au Bénin en est la plus belle illustration.

Mais les artistes, en faisant scintiller leurs lumières propres, ont aussi un rôle d’avant-garde et d’éclaireur de la société. Avez-vous remarqué que les terroristes ne créent pas d’œuvres d’art ? Comme je le rappelais récemment au Salon francophone du livre de Beyrouth, ils détruisent les œuvres d’art des autres et broient les hommes.

Si les terroristes ou les régimes totalitaires pratiquent l’autodafé ou tentent de créer une forme d’expression qui leur est inféodée, c’est parce que les œuvres d’art dérangent. C’est parce qu’elles sont irréductibles à la pensée unique. C’est parce qu’elles oscillent entre le doute, les interrogations et l’affirmation d’une vérité intime. C’est parce qu’elles touchent l’intelligence et la sensibilité, « De la main prodigieuse de l’artiste, Égale et rivale de sa pensée », comme cela est inscrit au fronton du Palais de Chaillot.

Alors oui, ce soir, autant de lumières scintillent dans la nuit parisienne qu’il y a d’artistes et d’œuvres au Théâtre de Chaillot. Ces lumières sont africaines. Elles nous rappellent que l’Afrique bouge, que l’Afrique se bat pour son propre développement, qu’elle lutte contre le terrorisme et toutes les formes d’obscurantisme. Elles nous rappellent tous à nos responsabilités.

Je vous remercie.

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