03/07/2015

Discours

Gérard Larcher : « Syrie, Irak, chrétiens d’Orient : la diplomatie française dans l’impasse »

Gérard Larcher, président du Sénat et Bruno Retailleau, sénateur de Vendée, président du groupe Les Républicains au Sénat

Alors qu’en Irak et en Syrie, la situation est plus grave que jamais, le temps est venu de réévaluer la politique menée par la France. Le bilan est sans appel.

Notre pays a procédé à une évaluation erronée des rapports de force. Pendant trois ans, la chute du régime syrien a été annoncée comme imminente. S’il peut chuter aujourd’hui, c’est sous le coup répété des terroristes, non de l’opposition : la France soutient une opposition qui peine à s’unir et à s’imposer sur le terrain.

Celle-ci entretient, pour partie, des liens inacceptables avec des groupes radicaux. À Idlib, elle a apporté son soutien à Al-Nosra et à des mouvements salafistes. Rien n’est plus contraire à nos valeurs : est-ce la Syrie que nous souhaitons aider ?

Les pays voisins de l’Irak et de la Syrie sont confrontés à un afflux inédit de réfugiés. Le Liban accueille 1,5 million de Syriens, soit le tiers de sa population ! Imagine-t-on la France avec 22 millions de réfugiés ? La question des réfugiés constitue plus qu’un enjeu humanitaire : elle est un défi politique pour toute la région, et pour l’Europe.

La sécurité des Français - les attentats le rappellent - se joue aussi en Syrie et en Irak.

Sortons de l’impasse dans laquelle notre diplomatie s’est enfermée. Il est illusoire d’affirmer que si des frappes aériennes avaient été menées à l’été 2013 contre le régime syrien, la situation serait autre aujourd’hui. Ce n’est que conjecture. Une certitude : la diplomatie française demeura seule dans sa volonté d’intervention militaire contre le régime syrien. Elle a échoué à convaincre.

Ce fut faire preuve d’un long aveuglement de considérer que l’effondrement du régime syrien affaiblirait Daech et Al-Nosra, en les coupant d’une partie de leur base sunnite. Comment passer sous silence le jeu des puissances régionales dans leurs foudroyants succès ? Comment ne pas évoquer l’intervention américaine en Irak de mars 2003 dans leur genèse ?

En ayant choisi d’ostraciser le régime syrien, la France a pris le risque de faciliter la progression des terroristes. Car force est de constater que le régime syrien, dont nous connaissons aussi les crimes, est l’un des acteurs de résistance face à Daech et Al-Nosra. Force est de constater que, sans réponse coordonnée en Irak et en Syrie, il sera impossible de remporter la victoire sur des terroristes qui ignorent les frontières. C’est une évidence : la France doit procéder à des frappes aériennes en Syrie comme en Irak, contre Daech et Al-Nosra.

Il n’y aura de victoire que si nous favorisons la conjonction de toutes les forces luttant contre les terroristes et une perspective politique. Or ce que notre diplomatie a prôné en Irak - un gouvernement rassembleur -, elle l’a rejeté en Syrie. Il faut redonner de la cohérence à notre diplomatie : en Irak, en redoublant la pression sur le gouvernement pour qu’il soit plus inclusif ; en Syrie, en incitant l’opposition à se mettre autour de la table avec le régime. Si Damas tombe, c’est Beyrouth et Amman qui sont menacés. Comme nous l’indiquait le patriarche maronite, la priorité doit aller à la lutte contre les terroristes : a-t-il été entendu ?

Notre diplomatie a négligé des acteurs incontournables, aux côtés de la Turquie ou de l’Arabie saoudite : la Russie et l’Iran. Elle n’a pas su préserver un équilibre crucial face à la rivalité qui oppose chiites et sunnites. Elle doit reprendre la main : appelons à la tenue d’une conférence internationale sur l’Irak et la Syrie qui réunisse nos partenaires, les puissances régionales incontournables et la Russie, avec un objectif : vaincre Daech et Al-Nosra.

Notre diplomatie doit assumer sa vocation traditionnelle : la protection des chrétiens d’Orient.

Ils sont aussi victimes de nos errements stratégiques. Ce n’est pas en accordant des visas, ce qui accentue l’exode des chrétiens, ou des subsides humanitaires que la France est à la hauteur des enjeux. Nos initiatives en faveur d’une « charte pour la protection des minorités » sont tardives et n’offrent guère de perspective d’action immédiate. Les communautés chrétiennes seront-elles encore présentes en Syrie et en Irak lorsqu’une « charte » viendra leur porter secours ?

Protéger les chrétiens d’Orient, c’est enrayer le cycle de la violence, par une diplomatie qui s’affranchisse de ses contradictions. C’est arrêter d’être le spectateur passif du nettoyage confessionnel en cours : dans un Orient où les chrétiens sont minoritaires, cette communautarisation est l’assurance de leur disparition. C’est assortir notre aide aux forces luttant contre Daech et Al-Nosra de garanties pour les chrétiens, afin de favoriser le retour sur leurs terres et défendre leurs droits.

Au patriarche maronite, le général de Gaulle déclarait en 1963 : « Les rapports particuliers entre la France et les chrétiens d’Orient sont aussi présents que jamais à l’esprit et au coeur de nos compatriotes. » Ne les oublions pas !

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