25/09/2017

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Le Figaro : "Gérard Larcher, l'insubmersible"

Gérard Larcher, l'insubmersible

PORTRAIT - L'ancien maire de Rambouillet et sénateur des Yvelines a été réélu.

«Vous avez travaillé 123 heures cette semaine, M.  le Président.» «123 heures? Pas possible !», rétorque Gérard Larcher aux policiers qui assurent sa sécurité et qui ne seraient pas contre le fait qu'il ralentisse - un peu  - la cadence. «Au moins 110 heures…», lui répondent ses officiers qui avaient fait le calcul sur huit jours au lieu de sept. Chaque jour, le sénateur des Yvelines est d'attaque à 5 h 30 et ne s'arrête qu'à 23 heures. «Ils étaient un peu épuisés, je les comprends », s'amuse le président sortant du Sénat en évoquant les fonctionnaires qui ne le lâchent pas d'une semelle.

Lui se sent en pleine forme. Dans cette campagne, Gérard Larcher a multiplié les déplacements : 290 dans les Yvelines (certaines des 262 communes ayant été vues plusieurs fois), 20 en France depuis mars, 60 depuis trois ans. Et souvent plusieurs déplacements dans la même journée. Jeudi soir, il a clos sa tournée, en Seine-et-Marne, à Chelles, devant quelque 80 élus, délégués départementaux et grands électeurs. Il y est resté un bon moment. Comme à chaque fois. Pas question d'expédier les rendez-vous. «Il est en campagne permanente, sourit un sénateur LR. Au Sénat, une voix n'est jamais perdue, d'où qu'elle vienne.» Gérard Larcher a toujours «su cultiver les liens au-delà de sa famille politique, des centristes, il fait une campagne de terrain », complète Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains. «Il a un regard tellement attentif que, quand il sent le vent tourner, il peut endiguer certaines tentations…», juge encore un autre sénateur LR.

« Le président de la République a pu imaginer un temps qu'il avait fait basculer cette maison mais elle n'est pas le clone de nos partis politiques, c'est plus que ça… »

Gérard Larcher

Avec ses paupières tombantes à la Philippe Noiret et son bon coup de fourchette, on croirait Gérard Larcher tout droit sorti d'une Assemblée de la IIIe République, de l'«ancien monde »… À 68 ans, le président du Sénat est pourtant en train d'infliger sa première défaite électorale au président de la République, son cadet de presque trente ans. «Le président de la République a pu imaginer un temps qu'il avait fait basculer cette maison mais elle n'est pas le clone de nos partis politiques, c'est plus que ça…», confie au Figaro Gérard Larcher. Lui, toujours prudent, n'a jamais été dans la certitude de gagner, assure-t-il, convaincu que «la récolte de blé est achevée dans le grenier» et qu'«on ne vend jamais sur pied ». Le sénateur des Yvelines rit franchement. Truffant ses réponses d'images agricoles et de comparaisons météorologiques, l'ancien vétérinaire, passionné de chasse, ne perçoit pas de «mépris » de la part du «nouveau monde ». À ses yeux, il s'agirait plutôt d'une «méconnaissance de la maison ». Erreur de débutant donc que de se mettre en tête d'affronter, sans y mettre les formes, Gérard Larcher, qui vit sa quatrième campagne pour le «Plateau ».

On le pense «gros matou », facile à caresser dans le sens du poil en le raccompagnant à sa voiture, comme l'a fait le président de la République après l'avoir reçu à l'Élysée  ; l'intéressé, lui, se définit comme un «chien de chasse ». Tout est dit. Quand il tient sa proie, il ne la lâche pas. «Quand Emmanuel Macron arrive, il n'est pas facile pour lui de comprendre le Sénat », poursuit Gérard Larcher en tançant, l'air de rien, son benjamin pris en défaut d'un trop-plein d'assurance. «Il n'était pas facile non plus de sentir ce qu'est la représentation nationale des territoires au travers de femmes et d'hommes assez divers, assez peu tenus par leur attache partisane mais plutôt par le territoire qu'ils représentent», relève encore Gérard Larcher. Comme pour mieux souligner son long parcours d'élu face à un jeune président sans ancrage territorial.

Le sénateur des Yvelines, élu depuis 1986, sait en effet manœuvrer, lui l'homme de réseaux, aussi disponible pour les vieux routiers de la politique que pour les petits nouveaux qui débarquent dans son bureau. Les ministres s'y pressent  ; Les Républicains - de toute obédience - demandent audience  ; les Constructifs sont reçus… «Merci de ton accueil », l'embrasse Fabienne Keller à la sortie de son bureau jeudi dernier, après lui avoir exposé les dernières réflexions des sénateurs de droite pro-Macron qui vont lancer un nouveau groupe. Tout en lui assurant leur soutien pour sa réélection. «Il a une grande capacité d'écoute et de dialogue, explique la sénatrice sortante du Bas-Rhin. Je me retrouve totalement dans la fibre de gaulliste social qu'il porte.»

«Il a vraiment le profil qui correspond à l'institution et à l'époque politique que nous vivons»

Alain Joyandet

Gérard Larcher, un trait d'union à droite? Lui qui a construit sa majorité en englobant radicaux, centristes et Républicains avait plaidé pour que les Constructifs ne se fassent pas trop entendre avant les élections sénatoriales pour ne pas parasiter le scrutin. Il est aujourd'hui un des rares capables d'être soutenu par la juppéiste Fabienne Keller comme par le pro-Wauquiez Alain Joyandet. «Il a vraiment le profil qui correspond à l'institution et à l'époque politique que nous vivons », avance le sénateur de la Haute-Saône. «Il n'est pas clivant, il rassemble largement au-delà de notre famille politique. Il est l'homme du moment », veut croire encore Alain Joyandet. Même l'ex-sénateur PS du Val-de-Marne et désormais député Luc Carvounas considère que Gérard Larcher «représente bien l'institution », même s'il ne partage pas «politiquement ce qu'il incarne ». «D'ailleurs, il sait aussi cliver », ajoute-t-il.

Du président Larcher qu'on dit «bonhomme » mais «ferme », les élus saluent sa connaissance et sa défense des territoires. Il en a d'ailleurs tiré le slogan de sa campagne : «L'équilibre des territoires et l'équilibre des pouvoirs ». «Son message et cette ambition que le bicamérisme joue à plein ont reçu un écho très favorable chez les sénateurs », explique Mathieu Darnaud, sénateur LR de l'Ardèche. «Sa vraie force, c'est de savoir convaincre au-delà de sa majorité », poursuit-il. «Le Sénat, ça se joue dans le respect absolu des élus », précise Gérard Larcher, qui reproche à l'exécutif de ne pas avoir tenu sa parole après la Conférence nationale des territoires du 17 juillet. «Un été de désillusions », résume Gérard Larcher. «Un message politique très mal perçu par les collectivités », ajoute le spécialiste de la carte électorale à droite Alain Marleix.

Tous deux pointent l'annulation de 300 millions d'euros de crédits de l'État - en plus des 13 milliards d'économies déjà demandés aux collectivités -, et la baisse programmée des contrats aidés annoncée à trois semaines de la rentrée. Une addition salée qui a renforcé la candidature tout en rondeurs de Gérard Larcher, dont le discours de premier défenseur de l'institution n'a soulevé aucune opposition. «S'il faut voter Larcher pour éviter En marche !, on le fera », confie un élu communiste. «La France est sortie de l'hypnose macronienne et je ne vois pas pourquoi ce qui vaut pour la population ne vaudrait pas pour les élus !», assure de son côté Bruno Retailleau, qui explique qu'en quelques mois le climat a changé au Sénat.

« On est libre. On ne dit jamais non par dogmatisme, jamais oui par discipline, même si ça emmerde certains de nos valeureux camarades ! »

Gérard Larcher

Au mois de juin, Gérard Larcher était pourtant inquiet. Pour la première fois, tout ne se passait pas comme prévu. Rien à voir avec la primaire face à Jean-Pierre Raffarin, en 2008 puis 2014, une concurrence à la loyale avec un opposant politique bien identifié. Rien à voir non plus avec la défaite historique de 2011 quand Gérard Larcher avait dû laisser son siège au socialiste Jean-Pierre Bel. En 2017, si le sénateur des Yvelines n'avait pas de ténor face à lui, il semblait préoccupé. Était-ce possible qu'avec un corps électoral issu d'élections municipales de 2014 si favorables à la droite, le résultat soit… différent ? «En même temps, je ne savais pas… On a quand même subi un séisme politique, reconnaît aujourd'hui Gérard Larcher. Qu'allait-il se passer ? Celui qui donne la météo à l'avance après la tornade, ce n'est pas moi.» À droite, «on n'était pas en forme », concède un sénateur LR. Et s'il assure qu'il ne s'est jamais posé la question en termes de survie politique mais de sa propre utilité pour le Sénat, Gérard Larcher a retrouvé la maîtrise du jeu. Alors que le dégagisme couplé au jeunisme a frappé toutes les formations politiques, lui, un des principaux soutiens de François Fillon pendant la campagne présidentielle avant de prendre ses distances, fait figure de rescapé. Comme s'il était insubmersible.

«Ce qui me frappe beaucoup, c'est une forme de découragement sur le terrain », met en garde Gérard Larcher, en se faisant le porte-parole des territoires. Un message qu'il avait pris soin de transmettre à Emmanuel Macron lors de leur première entrevue au Sénat. Il l'avait alors alerté sur la fracture croissante entre les métropoles et le reste de la France. «Faisons attention, des élus découragés, ça ne peut pas être un pays qui va bien. Tout cela est rattrapable mais il va falloir qu'on reprenne le chemin du dialogue », prévient l'ex-ministre du Travail de Jacques Chirac.

Il faudra donc compter avec lui et le Sénat, cette Chambre dont il entend qu'elle porte «une voix différente ». «On est libre. On ne dit jamais non par dogmatisme, jamais oui par discipline, même si ça emmerde certains de nos valeureux camarades !», précise-t-il en répondant à ceux à droite qui aimeraient qu'il s'oppose un peu plus à Emmanuel Macron. «Je suis ni destructif ni constructif », souligne-t-il encore en endossant le rôle de balancier… par définition central.

Son mandat renouvelé le 2 octobre, Gérard Larcher a déjà prévu de poursuivre ses déplacements pour aller voir les communes qu'il n'a pas eu le temps de visiter. Il en salive d'avance. «Il est parti pour rester comme Poncelet ou Monory !», plaisante Luc Carvounas.

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